"Je viens d’achever ma première semaine de travail à Garoua. Durant cette semaine de travail je suis allée 2 jours en brousse pour visiter les villages autour de Garoua. Nous ne les visitons pas tous, nous faisons le tour des villages où une église de l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun est implantée, cela représente plus de 80 villages autour de Garoua. Il fallait faire une « restriction » sinon ce n’est pas gérable. Je dis « nous » parce que je suis accompagnée de Robert (chauffeur/logisticien/magasinier pour les puits) et Isabelle (animatrice, elle m’aide à réaliser l’enquête et est mon interprète)."
"Nous faisons une enquête sur l’état du puits et de la pompe (si elle existe), les besoins en eau du village et une deuxième sur le problème du bois, pour le reboisement. Beaucoup de questions sur la démographie du village, sur la disponibilité en eau, en bois, en terrain pour planter des arbres, est-ce qu’il existe un comité de villageois pour gérer ça où il faut en créer un…. Cela demande beaucoup de temps à chaque fois, mais c’est toujours génial de parler avec les gens. Dans chaque village nous rencontrons les évangélistes, le chef traditionnel du village et les habitants. Il suffit de klaxonner en entrant dans le village, tout le monde sort et voilà nous sommes réunis ! Les premiers résultats montrent qu’il est essentiel d’avoir un comité de villageois pour mettre en place quelque chose, s’il n’y a pas un responsable il ne se passe rien. Si la pompe tombe en panne, les gens ne cherchent pas à la réparer, ils puisent au seau (donc puits ouvert = plus de pollution). Un autre constat, celui du bois. Les gens manquent cruellement de bois, nous avons même vu un endroit où les gens prennent les racines des arbres parce qu’il n’y a rien d’autre. Le bois est utilisé pour la cuisine et pour le chauffage !! À 6H le matin, lorsqu’il fait 22°C les gens font un petit feu et se mettent autour pour se réchauffer. Le prix du ciment a beaucoup augmenté, presque multiplié par deux ces dernières années donc tous les prix sont à revoir à la hausse pour la construction des puits et des aménagements. Le travail ne manque pas et j’espère que cette étude aboutira sur la mise en place d’un projet solide qui conduira à un vrai renouveau dans la gestion des points d’eau et du bois."